Après les contes ancestraux et leurs forêts enchantées, vous êtes conviés à un spectacle mêlant mythologie, magie et envoûtement…

Autour d’un arbre de flammes, seule source de lumière de la scène, les danseurs aux torses nus entrent en scène, mains levées vers le ciel. Ils forment des cercles autour de la lumière vacillante produite par les nombreuses lampes à huile.
La danse se dit « faire tchak » car c’est un véritable orchestre de voix qui nous emmène vers une cérémonie mêlant incantations, combats légendaires et transcendance.

Nous remontons le temps, au rythme des tchak-a-tchak-a-tchak scandés par le groupe. Les corps se transforment en percussions par les battements de mains sur la poitrine ou les cuisses, les applaudissements, les onomatopées brèves criées. En résulte un entrecroisement complexe de rythmes où les voix s’unissent pour ne former qu’une entité, organique, entraînante, fascinante.

Véritable mélange de danse, musique et théâtre, cet art séduit ses auditeurs par son caractère unique : né d’une tradition liée à l’exorcisme et perpétré lors de célébrations religieuses ancestrales, c’est une tradition qui est en constante réinvention.

Tout a commencé dans les années 1930 lorsque Walter Spies a proposé une adaptation de la cérémonie afin de rendre accessible cet art aux touristes étrangers ; le kecak a gardé les allures primitives d’un rituel et s’est modernisé grâce au théâtre costumé : au centre du cercle formé par les chanteurs-danseurs, des scénettes tirées des légendes de Ramayana sont interprétées.

Les costumes aux couleurs éclatantes prennent vie : gestes fluides, masques et coiffes de fleurs nous content l’histoire du combat passionné du prince Rama. Il doit sauver sa bien aimée, kidnappée par le démon Rahwana. Un long combat commence, des figures magiques et chimériques sont convoquées : une armée de singes et leur célèbre chef Hanuman, le puissant aigle Garuda et le géant Kumbakarna. Chacun montre sa force et veut à tout prix reprendre le pouvoir.

L’atmosphère irréelle de la soirée finit en apothéose lorsque le rituel originel reprend le dessus : les chants saccadés deviennent des incantations et un danseur entre en transe. Enfourchant un cheval de feuilles tressées il foule au galop un tapis de charbons ardents. Le prêtre viendra bénir la scène et les danseurs se réveilleront sans blessures.

Après cette soirée les oreilles bourdonneront longtemps de ces chants vocaux intrigants. Dans cet entrelacs de rythmes nous aimerions flotter encore quelques instants. Les visiteurs deviennent les témoins d’un art laïque qui prend sa source dans les cérémonies les plus anciennes de Bali.